Philippe Le Corf, que représente pour vous l’œuvre de Monteverdi et ou situer ce compositeur dans l’histoire de la musique ?

- Claudio Monteverdi peut à juste titre être considéré comme le Père de la musique baroque. C'est en effet lui qui a su sublimer un nouveau langage musical tout en ne reniant rien de la grande tradition polyphonique à laquelle il s'est continuellement abreuvé. Cette pratique d'un double langage donne à sa musique un pouvoir d'expression fascinant qui a toujours forcé l'admiration jusqu'à nos jours.

Comment envisagez-vous les pièces que vous allez interpréter le 1er mars dans le répertoire de Monteverdi ?

- Le programme proposé s'attache à mettre en valeur cette double perspective du langage musical monteverdien. La Messe à quatre voix, pourtant tardive dans la production du Maître, s'attache à respecter les préceptes de l'Ars Perfecta polyphonique tandis que les motets empruntent les entiers de la modernité expressive du baroque italien.

Y a-t-il une approche particulière de votre ensemble vocal sur le travail de ces pièces ?

- ARIA VOCE a le constant souci d'adapter sa vocalité au style de ces différentes pièces en cherchant à dessiner avec fluidité les contours mélodiques des méandres polyphoniques et en cherchant par ailleurs à traduire les différents affects qui alimentent, dans les motets, le figuralisme du mot.